FamilleLégumes · les légumineuses : on ouvre la gousse, on la jette, et on mange les graines 🫛
SaisonFrais, d'avril à juillet, le meilleur en mai et en juin. Surgelé toute l'année, et c'est souvent la meilleure version : il est surgelé quelques heures après la cueillette, avec son sucre dedans.
Se goûteÉcossé cru, sorti de la gousse au printemps : c'est là qu'il est le plus sucré, quand on est grand (4 ans et plus). Surgelé, 2 à 3 minutes dans l'eau bouillante, encore vert et ferme. Ou écrasé à la fourchette sur une tartine de pain beurré, où il ne roule plus. Et toujours avec une petite cuillère : à la fourchette, il s'échappe.
Courage🥦🥦🥦 Il demande un peu de courage, mais pas à cause de son goût : il est sucré. C'est sa bille qui roule et sa peau qui craque d'un coup qui font peur, et ça, ça se règle avec une cuillère et une cuisson courte.
🤯 Le savais-tu ?Il y a très longtemps, un monsieur qui s'appelait Gregor Mendel a planté des milliers de petits pois dans le jardin de son monastère, juste pour les compter : les lisses et les ridés, les verts et les jaunes. Il a fait ça pendant huit ans. C'est comme ça qu'on a commencé à comprendre pourquoi tu as peut-être les yeux de ta grand-mère. Tout est parti de petits pois.
🔒 Le coin des parents
Faire goûter les petits pois à un enfant qui refuse (sans forcer)
Pourquoi les petits pois, justement, passent si mal
Le petit pois est doux et sucré : ce n'est pas son goût qu'on refuse, c'est sa mécanique. Rond et lisse, il fuit entre les dents de la fourchette ; l'enfant rate, recommence, s'énerve, et l'aliment devient le lieu d'un échec. Le petit pois et le haricot vert sont d'ailleurs de la même famille, les Fabacées : dans les deux cas une gousse, et des graines dedans. On n'en garde simplement pas la même, la gousse chez l'un, les graines chez l'autre. Et c'est la graine, ronde et fermée, qui pose problème.
Par-dessus se pose la néophobie alimentaire, cette prudence devant ce qu'on ne connaît pas, la plus vive au milieu de la petite enfance. Elle se calme en grandissant, à condition que l'aliment repasse. Le pois y ajoute le nombre : il arrive par dizaines, tous identiques, et il roule jusque dans ce qu'il aimait. Trier n'est pas un caprice, c'est une réponse à la quantité.
Ce que vous avez sans doute déjà essayé (et pourquoi ça ne marche pas)
Galloway et coll., Appetite, 2006« Encore une cuillère de petits pois »
L'insistance produit exactement le contraire de son but, et Galloway l'a chiffré : la portion réellement avalée baisse, les phrases de dégoût se multiplient à table, et rien de tout ça ne s'arrête au dessert. Sur le petit pois, la phrase tombe au pire moment : celui où il n'arrive pas à en attraper un seul. Vous croyez insister sur un goût, vous insistez sur un geste qu'il vient de rater trois fois.
Birch & Marlin, Appetite, 1982L'écraser dans la purée
C'est la tentation propre à ce légume : il se mixe en une purée verte parfaitement lisse. Plus de bille, plus de peau, plus de problème. Sauf qu'une rencontre ne compte que si l'enfant sait ce qu'il a dans la bouche. Birch et Marlin n'ont pas mis en balance visible et dissimulé : la position est la nôtre, pas la leur. Si vous mixez, dites-le et posez trois pois entiers à côté.
Acheter du frais parce que ça semble mieux
C'est le légume où le surgelé bat le frais. Dès qu'il quitte sa plante, le pois convertit son sucre en amidon, en quelques heures : cueilli lundi, écossé mercredi, il est farineux. Les industriels le surgèlent quelques heures après la récolte, sucre compris. La conserve va dans l'autre sens : stérilisée longtemps, gris-vert et mou. Et la boîte de petits pois carottes pousse le raté d'un cran, les deux légumes y ayant cuit assez longtemps pour s'écraser tout seuls.
La méthode : des rencontres minuscules, sans pression
Descendez à trois petits pois. Pas une cuillerée : trois, alignés au bord de l'assiette et comptés à voix haute. À ce format, il n'y a plus rien à négocier.
Goûter n'est pas avaler. Sur le petit pois, le geste qui débloque est dans le pouce : donnez-lui une gousse fraîche à ouvrir. On appuie sur la couture, elle s'ouvre d'un coup, et les pois sont rangés en file, accrochés chacun par un fil minuscule. Il en compte cinq, six, huit. Rien n'est entré dans sa bouche, la rencontre a quand même eu lieu.
Ensuite, la texture se tient à la minute : surgelés, deux à trois minutes dans l'eau bouillante salée, pas plus. Et dans cet ordre : crus sortis de la gousse en saison, puis surgelés à peine cuits, puis écrasés à la fourchette sur une tartine beurrée, où ils ne roulent plus. Le pois servi chaud au milieu d'un plat, celui qui ressemble le plus à la cantine, arrive en dernier.
📌 La règle, la même pour tous les aliments
- Le protocole
- Un mini-goûtage par jour pendant quatorze jours, à la maison, sur un aliment que l'enfant refuse et qu'il a choisi lui-même. C'est ce rythme-là qui est mesuré dans les essais (Wardle, Cooke et coll., Appetite, 2003 ; Fildes et coll., J Acad Nutr Diet, 2014 ; Remington et coll., AJCN, 2012), pas tel ou tel légume en particulier.
- Le compteur
- La préférence suit le nombre de dégustations, et il en faut souvent plus de dix (Birch & Marlin, Appetite, 1982 ; DeCosta et coll., Appetite, 2017). La plupart des parents s'arrêtent à deux ou trois refus, c'est-à-dire juste avant.
- Chacun son rôle
- À vous le menu, l'heure et le lieu. À lui de manger ou non, et combien (Ellyn Satter). Cette frontière-là tient toute la méthode : dès qu'on la franchit, on récupère le bras de fer.
- Ce qu'on récompense
- Le goûtage, jamais l'assiette finie : l'effet d'un autocollant tient encore trois mois (Cooke et coll., Psychological Science, 2011). Et le dessert ne se monnaye pas : l'aliment qui sert de péage perd de la valeur (Newman & Taylor, J Exp Child Psychology, 1992).
- Les jours ratés
- Trois jours sautés : on reprend à l'étape en cours, pas au début. Trois refus de suite : on redescend d'un cran. Et quatorze jours ne sont pas une ligne d'arrivée, ensuite c'est une ou deux rencontres par semaine.
Et si c'est le refus lui-même que vous voulez comprendre plutôt que cet aliment-là, on explique ailleurs pourquoi il refuse de goûter et jusqu'à quel âge. L'autre question, celle de l'âge, a sa propre page : ce qu'on peut attendre à 3, 5, 7 et 10 ans.
Jours 1 et 2Une poignée de gousses fraîches sur la table, avec une mission qui n'a rien à voir avec la bouche : les ouvrir et compter les pois. Hors saison (les gousses fraîches ne se trouvent que d'avril à juillet), même mission avec un bol de petits pois surgelés : il les compte, les aligne, les trie par taille, et ils se goûtent simplement décongelés. Avant 4 ans, pas de petits pois crus, ici ni ailleurs dans le plan : les mêmes étapes avec des pois cuits jusqu'à s'écraser à la fourchette, à cause des fausses routes.
Jours 3 et 4Trois pois crus sortis de la gousse. Les sentir, les écraser entre deux doigts, les poser sur la langue : autocollant dès qu'un pois a touché la langue.
Jours 5 à 7Trois pois surgelés, deux minutes à l'eau bouillante puis refroidis, à manger avec les doigts. La serviette pour recracher est posée à côté.
Jours 8 à 10Une cuillerée sur une purée ou un riz qui les empêche de rouler. Le support les tient, il ne les cache pas.
Jours 11 à 13Écrasés à la fourchette sur une tartine beurrée, un peu de sel. Même légume, texture entièrement différente : ni bille qui roule, ni peau qui craque.
Jour 14Les petits pois à la française, ensemble (recette plus haut). Il déchire la laitue, verse le sachet, décide combien il en met.
Le jeu Les P'tits Goûteurs tient le compte à votre place : l'enfant y fait grandir une créature en goûtant de vrais aliments, un pois à la fois. Découvrir le jeu (gratuit en avant-première).
Vos questions sur les petits pois
Petits pois surgelés ou petits pois frais ?
Surgelés, sauf en saison. Le sucre du pois devient de l'amidon en quelques heures : surgelé sur place, il le garde ; écossé deux jours après l'achat, il l'a perdu. Les gousses fraîches gardent un autre intérêt : elles s'ouvrent, et c'est l'enfant qui les ouvre.
Quelle recette de petits pois pour un enfant qui n'aime pas ça ?
Celle où il les voit et où il a les mains dedans. Les petits pois à la française, plus haut : les feuilles de salade cuisent avec eux et rendent leur eau, les pois restent verts et entiers. C'est lui qui déchire les feuilles et verse le sachet.
Il les trie et les repousse au bord de l'assiette, que faire ?
Rien, et ne le commentez pas : trier, c'est déjà toucher, déplacer, sentir. Servez-en trois au lieu de trente, il n'a plus rien à trier.
Le petit pois, c'est un légume ou un féculent ?
Un peu les deux : c'est une graine de légumineuse, plus riche en amidon et en protéines que les autres légumes verts. Comptez-le comme un légume qui nourrit, et allégez le féculent à côté.
📚 Nos sources
Chaque affirmation de cette page qui vient d'une étude ou d'une agence sanitaire renvoie ici. Les liens ouvrent la source elle-même, pas un article qui la résume.
🩺 Les P'tits Goûteurs est un jeu, pas un dispositif médical. Il ne remplace ni l'avis, ni le suivi, ni les recommandations de votre médecin, de votre pédiatre ou d'un diététicien. Si l'alimentation de votre enfant vous inquiète (paniques, vomissements, liste d'aliments qui rétrécit), parlez-en d'abord à votre pédiatre.
Le jeu
Et si c'était le jeu qui insistait, à votre place ?
Vous connaissez la scène : l'assiette qui recule, la bouchée qu'on négocie, le dessert qui devient une monnaie d'échange. Votre enfant n'est pas difficile, et vous ne vous y prenez pas mal. Le goût d'un aliment se construit par des rencontres répétées, et il en faut souvent plus de dix. La plupart des parents s'arrêtent à trois, non par manque de patience, mais parce que rien ne leur dit qu'ils avancent.
Les P'tits Goûteurs déplace l'effort. L'enfant goûte, même une pointe, même recrachée, et il note sa rencontre. À chaque goûtage, sa créature grandit et change de forme : c'est elle qui tient le compte des dix rencontres, et c'est elle qui donne envie de recommencer demain. Vous n'avez plus rien à obtenir ni à négocier. Vous décidez de ce qu'il y a sur la table, il décide de ce qu'il met dans sa bouche.
Ce que le jeu ne fera jamais : féliciter une assiette finie. On récompense le fait d'avoir goûté, jamais la quantité. C'est exactement ce qui sépare les protocoles qui font aimer un aliment de ceux qui en dégoûtent.
🔬 Fondé sur les études citées sur cette page
🙅 Aucune assiette à finir
🌙 Deux minutes le soir
Découvrir Les P'tits Goûteurs
Gratuit, en avant-première, sur invitation. Aucune carte bancaire.