FamilleLégumes · la famille de l'oignon et de l'ail, mais en beaucoup plus doux 🥬
SaisonD'octobre à mars pour le meilleur, mais on en trouve toute l'année. On dit qu'il est encore meilleur après les premières gelées.
Se goûteAvant de le couper, on le fend en deux dans la longueur et on écarte les feuilles sous l'eau froide comme les pages d'un livre : c'est là que le sable se cache. Ensuite, chaque rondelle se défait en petits anneaux emboîtés, du plus grand au plus petit. En anneaux fins dorés à la poêle au beurre, les bords caramélisent et deviennent sucrés. Rôtis au four, ils craquent sur les bords. Crus, en anneaux très fins, quand on est grand (4 ans et plus).
Courage🥦🥦🥦 Il demande un peu de courage, et pas à cause de son goût : doré à la poêle, il est doux et presque sucré. Ce qui bloque, c'est la sensation dans la bouche, ce long morceau glissant qui fait un ruban. Bonne nouvelle : ça se règle avec un couteau. Souvent plus de 10 rencontres avant de l'aimer, et c'est normal.
🤯 Le savais-tu ?Tu sais ce que fait un poireau pendant tout l'hiver ? Rien. Il reste planté dans la terre, tout droit, sans bouger, même quand il gèle. C'est de là que vient le mot « poireauter » : quand tu attends quelqu'un qui n'arrive pas, debout et immobile, on dit que tu fais le poireau.
🔒 Le coin des parents
Faire goûter le poireau à un enfant : coupez-le en anneaux
Pourquoi le poireau, justement, passe si mal
Un poireau n'est pas une tige, c'est un empilement : ses feuilles poussent enroulées les unes dans les autres, et la base du rouleau forme le blanc. Cru, tout tient ensemble. À la cuisson, les couches se décollent et glissent : voilà le ruban qui suit la fourchette et qui pend hors de la bouche. Le goût, lui, est rarement en cause. Le poireau appartient à la famille de l'oignon et de l'ail, mais ses composés soufrés y sont discrets : il ne pique pas, il ne fait presque jamais pleurer, et son blanc contient du sucre, qui ressort dès qu'on le fait dorer. S'il est blanc, c'est qu'il a grandi sous la terre, comme l'asperge blanche sous sa butte.
Le poireau arrive à table avec un handicap de présentation : entier, long comme un avant-bras, moitié blanc moitié vert, souvent avec ses racines et sa terre. Il ressemble à une plante, pas à une portion, et c'est exactement ce que la néophobie alimentaire attaque, ce recul devant ce qui n'a pas encore la forme d'un aliment. Cinq enquêtes irlandaises (3 246 personnes) la voient culminer vers 6 ans, chez 68,5 % des enfants, puis redescendre (Hazley et coll., Appetite, 2022) : une tendance de population, pas un pronostic individuel.
Ce que vous avez sans doute déjà essayé (et pourquoi ça ne marche pas)
Galloway et coll., Appetite, 2006« Goûte, ça n'a même pas de goût » : la pression
Elle est sincère : de votre côté de la table, rien n'est fort, rien n'est amer, rien ne pique. Vous en concluez que c'est du caprice, et vous poussez plus fort qu'ailleurs. Poussés à finir, les enfants de l'étude de Galloway mangeaient moins et disaient plus souvent leur dégoût à table, et cela durait. Il ne conteste pourtant pas une saveur : il conteste ce que le morceau fait dans sa bouche.
Birch & Marlin, Appetite, 1982Le mixer dans la soupe sans le dire
Chez beaucoup de familles, le poireau ne se mange que caché : au fond des potages, dans le bouillon, mixé avec la pomme de terre. Un enfant peut en manger tout un hiver sans en avoir rencontré un seul, parce que le compteur ne bouge que s'il sait ce qu'il goûte. Birch et Marlin n'ont pas comparé caché et visible, c'est notre position et pas la leur. Gardez la soupe : nommez le poireau, et posez trois anneaux dorés sur l'assiette.
Le servir en tronçons, dans le sens de la longueur
C'est la coupe de la maison : deux gros tronçons dans le pot-au-feu, ou des moitiés fendues en long façon poireaux vinaigrette. Peu de légumes punissent autant cette coupe : le poireau est fait de couches enroulées sur toute la longueur du morceau. La cuisson les décolle : il pique, il tire, et sort un ruban qui pend. Coupez en travers, en anneaux de deux ou trois millimètres : chaque anneau devient un arc court, il n'y a plus rien à tirer. Même poireau, même goût, seule la coupe a changé.
La méthode : des rencontres minuscules, sans pression
L'unité n'est ni le poireau ni la rondelle : c'est l'anneau. Une rondelle de blanc se sépare en cinq ou six anneaux emboîtés, et celui qu'on propose est le plus petit, celui du coeur, gros comme une bague de poupée. On ne se dispute pas pour un anneau.
Le geste qui découple goûter et avaler ne se passe pas dans la bouche : c'est le lavage. Un poireau garde du sable entre ses couches parce qu'il pousse à moitié enterré et que la terre s'y glisse à mesure qu'il monte. On le fend en deux dans la longueur, l'enfant écarte les feuilles sous l'eau froide comme les pages d'un livre, et il trouve le sable au fond de l'évier. Cinq minutes les mains sur le légume, sans qu'il ait été question de le manger.
Pour la suite, prenez l'ordre inverse de celui de la maison : la chaleur sèche d'abord, l'eau bien plus tard, après les quinze jours. Des anneaux fins dorés à la poêle au beurre, ou étalés au four jusqu'à ce que les bords brunissent : c'est là que le sucre du blanc caramélise, et c'est la texture la plus éloignée du ruban. Le blanc avant le vert, le vert foncé étant bien plus ferme.
📌 La règle, la même pour tous les aliments
- Le protocole
- Un mini-goûtage par jour pendant quatorze jours, à la maison, sur un aliment que l'enfant refuse et qu'il a choisi lui-même. C'est ce rythme-là qui est mesuré dans les essais (Wardle, Cooke et coll., Appetite, 2003 ; Fildes et coll., J Acad Nutr Diet, 2014 ; Remington et coll., AJCN, 2012), pas tel ou tel légume en particulier.
- Le compteur
- La préférence suit le nombre de dégustations, et il en faut souvent plus de dix (Birch & Marlin, Appetite, 1982 ; DeCosta et coll., Appetite, 2017). La plupart des parents s'arrêtent à deux ou trois refus, c'est-à-dire juste avant.
- Chacun son rôle
- À vous le menu, l'heure et le lieu. À lui de manger ou non, et combien (Ellyn Satter). Cette frontière-là tient toute la méthode : dès qu'on la franchit, on récupère le bras de fer.
- Ce qu'on récompense
- Le goûtage, jamais l'assiette finie : l'effet d'un autocollant tient encore trois mois (Cooke et coll., Psychological Science, 2011). Et le dessert ne se monnaye pas : l'aliment qui sert de péage perd de la valeur (Newman & Taylor, J Exp Child Psychology, 1992).
- Les jours ratés
- Trois jours sautés : on reprend à l'étape en cours, pas au début. Trois refus de suite : on redescend d'un cran. Et quatorze jours ne sont pas une ligne d'arrivée, ensuite c'est une ou deux rencontres par semaine.
Et si c'est le refus lui-même que vous voulez comprendre plutôt que cet aliment-là, on explique ailleurs pourquoi il refuse de goûter et jusqu'à quel âge. L'autre question, celle de l'âge, a sa propre page : ce qu'on peut attendre à 3, 5, 7 et 10 ans.
Jours 1 et 2Le poireau entier posé sur la table, avec ses racines et sa terre. On le fend en deux dans la longueur, il écarte les feuilles sous l'eau froide et cherche le sable. Rien à goûter. Le compteur démarre après.
Jours 3 et 4Des rondelles fines de blanc, qu'il sépare en anneaux et empile du plus grand au plus petit. Le plus petit, cru, passe sous le nez puis sur le bout de la langue. Dès que la langue a touché, c'est une rencontre : notez-la. Avant 4 ans, pas de cru, ici ni ailleurs dans le plan : les mêmes étapes avec des anneaux cuits jusqu'à s'écraser à la fourchette, à cause des fausses routes.
Jours 5 à 7Les mêmes anneaux dorés deux minutes à la poêle dans du beurre, tièdes, pris avec les doigts.
Jours 8 à 10Au four, étalés à plat avec un filet d'huile jusqu'à ce que les bords brunissent et craquent, du comté râpé en sortant la plaque.
Jours 11 à 13Le vert clair entre dans le jeu, coupé très fin et doré avec le blanc. Une bouchée proposée, jamais imposée.
Jour 14Le riz aux anneaux de poireau, ensemble (recette plus haut). Il sépare les anneaux et se sert lui-même, même trois anneaux.
Le jeu Les P'tits Goûteurs tient le compte à votre place : les enfants y font évoluer des créatures en goûtant de vrais aliments, et c'est le compteur qui tient la distance. Découvrir le jeu (gratuit en avant-première).
Vos questions sur le poireau
Quelle recette de poireau pour un enfant qui n'aime pas ça ?
Celle où il est coupé court et doré, jamais bouilli en tronçons. Les anneaux fins passés à la poêle au beurre sont le meilleur départ : les bords caramélisent et il n'y a plus rien à tirer avec la fourchette. Le riz plus haut se fait à deux, c'est lui qui sépare les anneaux.
Faut-il jeter le vert du poireau ?
Non, mais ne commencez pas par lui : le vert foncé est plus ferme, plus marqué, et demande une cuisson bien plus longue. C'est la version difficile du même légume, et il fait un excellent bouillon.
Comment enlever le sable du poireau ?
En l'ouvrant, jamais en le rinçant par-dessus : l'eau glisse sur la surface et la terre reste coincée entre les couches. Fendez-le en deux dans la longueur en vous arrêtant à deux centimètres du pied, puis écartez les feuilles sous l'eau froide en frottant entre chacune.
Le poireau surgelé, ça marche ?
Oui, et il est déjà lavé et coupé en rondelles. Il rend plus d'eau que le frais : jetez-le gelé dans une poêle bien chaude, en une seule couche, sans couvrir et sans remuer tout de suite. S'il baigne, il fond au lieu de dorer.
📚 Nos sources
Chaque affirmation de cette page qui vient d'une étude ou d'une agence sanitaire renvoie ici. Les liens ouvrent la source elle-même, pas un article qui la résume.
🩺 Les P'tits Goûteurs est un jeu, pas un dispositif médical. Il ne remplace ni l'avis, ni le suivi, ni les recommandations de votre médecin, de votre pédiatre ou d'un diététicien. Si l'alimentation de votre enfant vous inquiète (paniques, vomissements, liste d'aliments qui rétrécit), parlez-en d'abord à votre pédiatre.
Le jeu
Et si c'était le jeu qui insistait, à votre place ?
Vous connaissez la scène : l'assiette qui recule, la bouchée qu'on négocie, le dessert qui devient une monnaie d'échange. Votre enfant n'est pas difficile, et vous ne vous y prenez pas mal. Le goût d'un aliment se construit par des rencontres répétées, et il en faut souvent plus de dix. La plupart des parents s'arrêtent à trois, non par manque de patience, mais parce que rien ne leur dit qu'ils avancent.
Les P'tits Goûteurs déplace l'effort. L'enfant goûte, même une pointe, même recrachée, et il note sa rencontre. À chaque goûtage, sa créature grandit et change de forme : c'est elle qui tient le compte des dix rencontres, et c'est elle qui donne envie de recommencer demain. Vous n'avez plus rien à obtenir ni à négocier. Vous décidez de ce qu'il y a sur la table, il décide de ce qu'il met dans sa bouche.
Ce que le jeu ne fera jamais : féliciter une assiette finie. On récompense le fait d'avoir goûté, jamais la quantité. C'est exactement ce qui sépare les protocoles qui font aimer un aliment de ceux qui en dégoûtent.
🔬 Fondé sur les études citées sur cette page
🙅 Aucune assiette à finir
🌙 Deux minutes le soir
Découvrir Les P'tits Goûteurs
Gratuit, en avant-première, sur invitation. Aucune carte bancaire.