FamilleProtéines · les légumineuses, les graines qu'on récolte sèches
SaisonToute l'année, parce qu'il se garde sec. En France on le sème en février et on le récolte fin juillet, quand ses gousses sont brunes et cassantes : on attend presque toujours qu'il soit sec pour le ramasser.
Se goûteEn houmous, mixé avec de l'huile d'olive et du citron : c'est la version la plus douce. Écrasé à la fourchette sur une tartine, c'est par là qu'on commence : un seul pois chiche fait l'affaire. En galette, une fois moulu en farine (à Nice, ça s'appelle une socca). Et entier, tiède et bien rincé, quand on est grand (4 ans et plus) : c'est la version la plus difficile, elle vient en dernier.
Courage🥦🥦🥦 Moins de courage qu'il n'en a l'air. Son goût ne te demandera presque rien : il est doux, avec un fond de noisette. Tout se joue à la mâche, au moment où la graine se transforme en pâte au fond de ta bouche. Alors commence par le houmous, la porte la plus facile, et c'est bien lui qui est dedans.
🤯 Le savais-tu ?Regarde bien un pois chiche : il a un petit bec pointu. Les savants qui lui ont donné son nom latin ont trouvé qu'il ressemblait à une tête de bélier, avec son museau et ses cornes enroulées. Son nom scientifique, Cicer arietinum, veut dire à peu près « le pois à tête de bélier ».
Deux recettes de pois chiches où il a les mains dedans : dix minutes autour de l'eau du bocal qui monte en neige, puis un houmous où les graines restent posées entières dessus.
🔒 Le coin des parents
Faire goûter le pois chiche à un enfant qui refuse (la texture, pas le goût)
Pourquoi le pois chiche, justement, passe si mal
Le pois chiche est doux, un peu sucré, avec un fond de noisette : son goût n'est presque jamais en cause. Tout se joue dans la bouche. Chaque graine superpose deux matières : une peau fine comme du papier, qui glisse et se décolle, et un cœur farineux qui vire à la pâte dès qu'on le mâche. Cette pâte tapisse le palais et assèche la bouche ; l'enfant qui ne sait plus quoi en faire la repousse. Le houmous corrige ce défaut-là : l'huile lubrifie, le citron réveille, la pâte redevient crème.
Reste la néophobie alimentaire, ce réflexe de prudence qui culmine vers 6 ans : l'enfant dit non avant d'avoir goûté, et d'autant plus vite qu'il n'a rien à reconnaître. Le pois chiche lui donne peu de prise : il n'arrive jamais frais. Pas de marché, pas de plante, pas de couleur, un sachet et des billes beiges en tas. Et si votre enfant mange déjà des petits pois, ne comptez pas dessus : même famille botanique, les Fabacées, mais l'un se mange frais et vert, l'autre sec et dur. Pour sa bouche, deux aliments sans rapport.
Ce que vous avez sans doute déjà essayé (et pourquoi ça ne marche pas)
Galloway et coll., Appetite, 2006« Allez, encore trois, c'est plein de protéines »
La raison est bonne, la phrase ne l'est pas. Galloway a mis la consigne de finir son assiette à l'épreuve : ce qui part vraiment dans la bouche diminue, et les remarques de dégoût montent d'un cran. Et vous comptez à voix haute pendant qu'il a la bouche pleine d'une pâte dont il n'arrive pas à se débarrasser : les trois suivants viennent s'ajouter à celui qu'il n'a pas réussi à finir. Vous lui demandez de continuer quand il ne peut pas.
Birch & Marlin, Appetite, 1982Le glisser, mixé, dans la sauce tomate
Une poignée de pois chiches mixés dans la bolognaise, invisibles : il en a mangé, affaire réglée. Sauf qu'il n'a rien appris, et que le jour où il découvre le procédé, la confiance part avec. Sur le fait de montrer ou de dissimuler, Birch et Marlin ne se prononcent pas : c'est nous qui tranchons. Le pois chiche, lui, a un plat où il disparaît sans se cacher : houmous veut dire pois chiche en arabe, et on pose les graines entières sur le dessus.
Commencer par la graine entière, froide, dans une salade
C'est la forme la plus difficile, et presque toujours celle qu'on sert en premier : sortie du bocal, froide, non rincée, roulée dans une salade composée. Trois obstacles d'un coup. Sorti du réfrigérateur, il est plus ferme et plus farineux que tiède. L'eau de conserve laisse un goût salé un peu amer qui n'est pas le sien : rincez-les. Et la graine entière demande le plus de mâchage : sa place est en fin de parcours.
La méthode : des rencontres minuscules, sans pression
Ramenez la dose à un seul pois chiche. Écrasé à la fourchette sur un coin de pain, il couvre à peine une pièce de deux euros : une dose pareille ne fait pas une assiette, et ce qui ne fait pas une assiette ne se finit pas.
Le geste qui débloque le pois chiche tient dans deux doigts, et il se passe de la bouche. Prenez une graine du bocal, posez-la dans sa main, montrez-lui comment la pincer : la peau se fend, le pois chiche saute dehors, tout nu. C'est aussi le vrai truc des cuisiniers pour un houmous sans grain. Il peut en peler vingt sans rien mettre en bouche : ses doigts connaîtront le pois chiche avant sa langue.
Ensuite, montez les textures dans l'ordre du plan : un seul pois chiche écrasé sur du pain, parce qu'il tient en une bouchée, puis le houmous à la cuillère, puis la farine (une socca, des panisses), la graine entière en dernier. Et tiède plutôt que froide, rincée : le froid raidit justement ce qui gênait déjà.
📌 La règle, la même pour tous les aliments
- Le protocole
- Un mini-goûtage par jour pendant quatorze jours, à la maison, sur un aliment que l'enfant refuse et qu'il a choisi lui-même. C'est ce rythme-là qui est mesuré dans les essais (Wardle, Cooke et coll., Appetite, 2003 ; Fildes et coll., J Acad Nutr Diet, 2014 ; Remington et coll., AJCN, 2012), pas tel ou tel légume en particulier.
- Le compteur
- La préférence suit le nombre de dégustations, et il en faut souvent plus de dix (Birch & Marlin, Appetite, 1982 ; DeCosta et coll., Appetite, 2017). La plupart des parents s'arrêtent à deux ou trois refus, c'est-à-dire juste avant.
- Chacun son rôle
- À vous le menu, l'heure et le lieu. À lui de manger ou non, et combien (Ellyn Satter). Cette frontière-là tient toute la méthode : dès qu'on la franchit, on récupère le bras de fer.
- Ce qu'on récompense
- Le goûtage, jamais l'assiette finie : l'effet d'un autocollant tient encore trois mois (Cooke et coll., Psychological Science, 2011). Et le dessert ne se monnaye pas : l'aliment qui sert de péage perd de la valeur (Newman & Taylor, J Exp Child Psychology, 1992).
- Les jours ratés
- Trois jours sautés : on reprend à l'étape en cours, pas au début. Trois refus de suite : on redescend d'un cran. Et quatorze jours ne sont pas une ligne d'arrivée, ensuite c'est une ou deux rencontres par semaine.
Et si c'est le refus lui-même que vous voulez comprendre plutôt que cet aliment-là, on explique ailleurs pourquoi il refuse de goûter et jusqu'à quel âge. L'autre question, celle de l'âge, a sa propre page : ce qu'on peut attendre à 3, 5, 7 et 10 ans.
Jours 1 et 2Un bol de pois chiches secs, un verre d'eau. Il en met dix dans le verre le soir et regarde au matin : ils ont doublé, la peau s'est tendue. Le pois chiche ne se goûte jamais cru, sec ou trempé, à aucun âge : il n'est comestible que cuit. Si votre enfant a moins de 4 ans, c'est vous qui versez et récupérez les graines. Avant 4 ans, pas de pois chiche entier, ni sec ni cuit, ici ni ailleurs dans le plan : les mêmes étapes avec des pois chiches écrasés à la fourchette, à cause des fausses routes.
Jours 3 et 4La neige de pois chiche (recette plus haut) : l'eau du bocal monte en neige sous ses yeux. Puis la mission : sentir, lécher ou croquer un bout de tartine écrasée. Le goûtage se coche dès que la langue s'y pose.
Jours 5 à 7Le houmous, la porte la plus facile : une cuillère au bord de l'assiette, du pain à tremper. Il trempe, il lèche, il repose. Nommez-le, ce n'est pas une « sauce beige ».
Jours 8 à 10La même graine, moulue : une socca, la galette à la farine de pois chiche qu'on cuit à Nice, ou des panisses à poêler. Ni peau ni bille, et pourtant c'est lui.
Jours 11 à 13Trois graines entières, rincées et tièdes, à prendre avec les doigts. La texture la plus exigeante arrive volontairement en dernier. La serviette pour recracher est à côté.
Jour 14Le houmous maison, ensemble (recette plus haut). Il presse le citron, appuie sur le bouton du mixeur, pose lui-même les graines entières au milieu.
Dans le jeu Les P'tits Goûteurs, un pois chiche léché puis reposé vaut exactement un pois chiche avalé : c'est la règle que votre enfant voit s'appliquer à l'écran, sans que vous ayez à la défendre à table. Découvrir le jeu (gratuit en avant-première).
Vos questions sur les pois chiches
Quelle recette de pois chiche pour un enfant qui n'aime pas ça ?
Le houmous, et fait avec lui. C'est la seule forme où la peau et la pâte disparaissent alors que le nom du légume reste dans l'assiette. Quinze minutes : il presse le citron, il mixe, il pose les graines entières dessus.
Les pois chiches, ça fait des gaz ?
Oui, un peu. Ils contiennent des sucres, les oligosaccharides, que notre intestin grêle ne sait pas découper : ils arrivent entiers dans le côlon, les bactéries les fermentent, et voilà le gaz. Sur les secs, l'eau de trempage part à l'évier, ces sucres y passent. Sur le bocal, égouttez et rincez : c'est pour ça qu'on ne reverse pas le jus dans le houmous. Le reste tient à la quantité, et un pois chiche ou trois ne posent pas la question.
À partir de quel âge un enfant peut-il manger des pois chiches entiers ?
Avant 4 ans, pas de pois chiche entier, ni sec ni cuit, ici ni ailleurs dans le plan : les mêmes étapes avec des pois chiches écrasés à la fourchette, à cause des fausses routes. Rond et ferme, il fait partie des aliments qu'on écrase. Le houmous, lui, n'attend pas, à condition de le servir lisse, sans les graines entières posées dessus.
Il aime le houmous mais recrache les graines entières, on avance ?
On avance. Pour sa bouche ce sont deux aliments : une crème d'un côté, une peau et un cœur farineux à mâcher de l'autre. Le houmous prépare l'entier, il ne le remplace pas. Continuez à en poser trois à côté, sans commentaire.
📚 Nos sources
Chaque affirmation de cette page qui vient d'une étude ou d'une agence sanitaire renvoie ici. Les liens ouvrent la source elle-même, pas un article qui la résume.
🩺 Les P'tits Goûteurs est un jeu, pas un dispositif médical. Il ne remplace ni l'avis, ni le suivi, ni les recommandations de votre médecin, de votre pédiatre ou d'un diététicien. Si l'alimentation de votre enfant vous inquiète (paniques, vomissements, liste d'aliments qui rétrécit), parlez-en d'abord à votre pédiatre.
Le jeu
Et si c'était le jeu qui insistait, à votre place ?
Vous connaissez la scène : l'assiette qui recule, la bouchée qu'on négocie, le dessert qui devient une monnaie d'échange. Votre enfant n'est pas difficile, et vous ne vous y prenez pas mal. Le goût d'un aliment se construit par des rencontres répétées, et il en faut souvent plus de dix. La plupart des parents s'arrêtent à trois, non par manque de patience, mais parce que rien ne leur dit qu'ils avancent.
Les P'tits Goûteurs déplace l'effort. L'enfant goûte, même une pointe, même recrachée, et il note sa rencontre. À chaque goûtage, sa créature grandit et change de forme : c'est elle qui tient le compte des dix rencontres, et c'est elle qui donne envie de recommencer demain. Vous n'avez plus rien à obtenir ni à négocier. Vous décidez de ce qu'il y a sur la table, il décide de ce qu'il met dans sa bouche.
Ce que le jeu ne fera jamais : féliciter une assiette finie. On récompense le fait d'avoir goûté, jamais la quantité. C'est exactement ce qui sépare les protocoles qui font aimer un aliment de ceux qui en dégoûtent.
🔬 Fondé sur les études citées sur cette page
🙅 Aucune assiette à finir
🌙 Deux minutes le soir
Découvrir Les P'tits Goûteurs
Gratuit, en avant-première, sur invitation. Aucune carte bancaire.