FamilleLégumes · les feuilles
SaisonOn en trouve toute l'année. Les meilleurs arrivent au printemps, en mars, avril et mai, puis à l'automne, d'octobre à décembre. En surgelé, tout le temps.
Se goûteEn jeune pousse crue, lisse et croquante, quand on est grand (4 ans et plus). Avant, cuits et coupés en petits morceaux. Sinon : blanchis une minute, bien pressés, dans une omelette ou un gratin de pâtes. Prévois large : un grand saladier de feuilles crues finit en quelques cuillères une fois cuit.
Courage🥦🥦🥦 Il demande du courage ! Souvent plus de 10 rencontres avant de l'aimer, et c'est normal.
🤯 Le savais-tu ?Tu as peut-être entendu que Popeye mangeait des épinards parce qu'un savant s'était trompé de virgule en comptant le fer. Personne n'a jamais retrouvé cette erreur. Ce qu'on sait, c'est que dans la bande dessinée de 1932, Popeye dit lui-même qu'il en mange pour la vitamine A.
🔒 Le coin des parents
Faire goûter les épinards à un enfant qui refuse (sans le forcer)
Pourquoi les épinards, justement, passent si mal
Les épinards, c'est plus de 90 % d'eau. À la cuisson elle sort, les feuilles s'affaissent, un plein saladier finit en quelques cuillères : une bouchée cuite, c'est une grosse poignée de feuilles d'un coup. Vient ensuite ce qui râpe les dents : l'acide oxalique rencontre le calcium de la salive et forme des cristaux microscopiques. Sans danger, mais très désagréable.
Et il y a l'âge. Entre 2 et 6 ans, la plupart des enfants passent par une néophobie alimentaire, cette méfiance envers ce qu'ils ne connaissent pas : elle se traverse, elle ne se corrige pas. Elle vise ce qui n'est pas reconnaissable, et l'épinard cuit coche tout : il change de couleur, il mouille le riz d'à côté, une feuille finit collée sur une dent. La jeune pousse crue, elle, garde sa forme et croque : presque un autre aliment, et c'est notre porte d'entrée. Crue, elle se mange comme une feuille de salade, et c'est un geste bien plus facile à proposer qu'une cuillère de vert cuit.
Ce que vous avez sans doute déjà essayé (et pourquoi ça ne marche pas)
Galloway et coll., Appetite, 2006« Encore deux cuillères » : la pression
La pression, nous l'avons tous exercée de bonne foi, et elle produit l'inverse : chez Galloway, les enfants poussés à finir mangeaient moins et disaient plus souvent leur dégoût, durablement. Sur l'épinard cuit, elle porte en plus sur une texture qu'on ne peut pas croquer, seulement avaler. Il n'y a aucune marche intermédiaire à laquelle se raccrocher : c'est tout ou rien, et ce sera non.
Birch & Marlin, Appetite, 1982Les cacher dans le gâteau au chocolat ou le smoothie
C'est l'astuce la plus partagée d'internet : le gâteau au chocolat vert, le smoothie où « ça ne se sent pas ». Elle le nourrit ce soir sans rien lui apprendre. Un épinard qu'il n'identifie pas n'entre pas dans le compteur des dégustations : c'est notre position, pas celle de Birch et Marlin, qui n'ont pas comparé les deux.
Les servir dans leur eau de cuisson
Voilà ce qui fabrique la masse verte gluante : servis tels quels, les épinards baignent dans l'eau qu'ils ont rendue, et c'est cette humidité qu'ils refusent. Le remède prend une minute : eau bouillante, égouttage, puis on presse fort. L'acide oxalique se dissout dans l'eau : une partie de ce qui râpe part avec.
La méthode : des rencontres minuscules, sans pression
Réduisez la dose jusqu'au dérisoire : une demi-feuille de jeune pousse, trop petite pour un bras de fer. Et une demi-feuille crue n'a rien à voir avec une cuillère de vert cuit : ça croque, ça ne colle pas, ça se pose sur la langue une seconde.
Goûter n'est pas avaler. Sur l'épinard, la rencontre commence par les mains et les oreilles : déchirer la feuille, l'écouter crisser, la sentir. Lécher, croquer et recracher viennent après, et comptent autant.
Là où le brocoli se joue sur l'amertume, l'épinard se joue sur la texture. Dans cet ordre : crue d'abord, lisse et croquante ; puis à peine tombée trente secondes ; puis blanchie, bien pressée, coupée en morceaux qui se voient. Gardez la crème d'épinards pour la fin.
📌 La règle, la même pour tous les aliments
- Le protocole
- Un mini-goûtage par jour pendant quatorze jours, à la maison, sur un aliment que l'enfant refuse et qu'il a choisi lui-même. C'est ce rythme-là qui est mesuré dans les essais (Wardle, Cooke et coll., Appetite, 2003 ; Fildes et coll., J Acad Nutr Diet, 2014 ; Remington et coll., AJCN, 2012), pas tel ou tel légume en particulier.
- Le compteur
- La préférence suit le nombre de dégustations, et il en faut souvent plus de dix (Birch & Marlin, Appetite, 1982 ; DeCosta et coll., Appetite, 2017). La plupart des parents s'arrêtent à deux ou trois refus, c'est-à-dire juste avant.
- Chacun son rôle
- À vous le menu, l'heure et le lieu. À lui de manger ou non, et combien (Ellyn Satter). Cette frontière-là tient toute la méthode : dès qu'on la franchit, on récupère le bras de fer.
- Ce qu'on récompense
- Le goûtage, jamais l'assiette finie : l'effet d'un autocollant tient encore trois mois (Cooke et coll., Psychological Science, 2011). Et le dessert ne se monnaye pas : l'aliment qui sert de péage perd de la valeur (Newman & Taylor, J Exp Child Psychology, 1992).
- Les jours ratés
- Trois jours sautés : on reprend à l'étape en cours, pas au début. Trois refus de suite : on redescend d'un cran. Et quatorze jours ne sont pas une ligne d'arrivée, ensuite c'est une ou deux rencontres par semaine.
Et si c'est le refus lui-même que vous voulez comprendre plutôt que cet aliment-là, on explique ailleurs pourquoi il refuse de goûter et jusqu'à quel âge. L'autre question, celle de l'âge, a sa propre page : ce qu'on peut attendre à 3, 5, 7 et 10 ans.
Jours 1 et 2Une jeune pousse crue posée à côté de l'assiette, sans mission : on la nomme, on la touche, on l'écoute crisser. Avant 4 ans, pas de feuille crue, ici ni ailleurs dans le plan : les mêmes étapes avec des épinards cuits et coupés en petits morceaux, à cause des fausses routes.
Jours 3 et 4Une demi-feuille crue, à sentir puis à lécher. Autocollant dès que la langue a touché, pas quand c'est avalé.
Jours 5 à 7Trempette au yaourt : il tient la feuille par la tige, la trempe et croque le bout.
Jours 8 et 9Le duel des deux épinards (recette plus haut) : une feuille crue face à une feuille tombée trente secondes à la poêle.
Jours 10 à 12Épinards blanchis et bien pressés, coupés gros : une cuillère à café bien visible dans une omelette ou mêlée au riz. On les nomme.
Jours 13 et 14Le gratin de coquillettes, ensemble (recette plus haut). C'est lui qui presse les épinards, et il se sert lui-même.
C'est ce que fait le jeu Les P'tits Goûteurs : les enfants y font évoluer des créatures en goûtant de vrais aliments, et le carnet tient le compte à votre place. Découvrir le jeu (gratuit en avant-première).
Vos questions sur les épinards
Quelle recette d'épinards pour un enfant qui n'aime pas ça ?
Celle où il les voit et met les mains dedans. Le cru d'abord : une pousse à tremper dans du yaourt. Puis le gratin plus haut.
Il dit que les épinards lui font les dents bizarres, il exagère ?
Non, il décrit quelque chose de réel, et vous l'avez sûrement ressenti aussi. Ce dépôt sur l'émail ne fait aucun mal et disparaît tout seul. Il se sent surtout après des épinards cuits : en perdant leur eau, ils concentrent beaucoup de feuilles dans une toute petite bouchée. Une jeune pousse crue, en quantité minuscule, passe bien mieux.
Les épinards surgelés, c'est aussi bien que les frais ?
Oui, s'ils se voient. Préférez les feuilles entières surgelées, qu'on peut presser et couper, aux hachés et à la crème d'épinards, déjà en purée.
Les épinards rendent-ils vraiment fort, comme Popeye ?
On répète qu'un savant se serait trompé de virgule et leur aurait attribué dix fois trop de fer : personne n'a jamais retrouvé cette erreur. Dans la bande dessinée de 1932, Popeye dit en manger pour la vitamine A.
📚 Nos sources
Chaque affirmation de cette page qui vient d'une étude ou d'une agence sanitaire renvoie ici. Les liens ouvrent la source elle-même, pas un article qui la résume.
🩺 Les P'tits Goûteurs est un jeu, pas un dispositif médical. Il ne remplace ni l'avis, ni le suivi, ni les recommandations de votre médecin, de votre pédiatre ou d'un diététicien. Si l'alimentation de votre enfant vous inquiète (paniques, vomissements, liste d'aliments qui rétrécit), parlez-en d'abord à votre pédiatre.
Le jeu
Et si c'était le jeu qui insistait, à votre place ?
Vous connaissez la scène : l'assiette qui recule, la bouchée qu'on négocie, le dessert qui devient une monnaie d'échange. Votre enfant n'est pas difficile, et vous ne vous y prenez pas mal. Le goût d'un aliment se construit par des rencontres répétées, et il en faut souvent plus de dix. La plupart des parents s'arrêtent à trois, non par manque de patience, mais parce que rien ne leur dit qu'ils avancent.
Les P'tits Goûteurs déplace l'effort. L'enfant goûte, même une pointe, même recrachée, et il note sa rencontre. À chaque goûtage, sa créature grandit et change de forme : c'est elle qui tient le compte des dix rencontres, et c'est elle qui donne envie de recommencer demain. Vous n'avez plus rien à obtenir ni à négocier. Vous décidez de ce qu'il y a sur la table, il décide de ce qu'il met dans sa bouche.
Ce que le jeu ne fera jamais : féliciter une assiette finie. On récompense le fait d'avoir goûté, jamais la quantité. C'est exactement ce qui sépare les protocoles qui font aimer un aliment de ceux qui en dégoûtent.
🔬 Fondé sur les études citées sur cette page
🙅 Aucune assiette à finir
🌙 Deux minutes le soir
Découvrir Les P'tits Goûteurs
Gratuit, en avant-première, sur invitation. Aucune carte bancaire.