Ce jeu est né dans
un couloir d'hôpital.
Il n'a pas été pensé dans un bureau, ni par une équipe produit. Il a été construit en deux semaines, par un père, pour une petite fille de 6 ans qui ne mangeait presque rien.
La question du médecin
Ma fille était à l'hôpital. Elle a une phobie des piqûres, ce qui rendait déjà la journée assez difficile comme ça. À un moment, le médecin a posé une question toute simple : est-ce qu'elle mange bien ?
Non. Elle mangeait des pâtes, des bananes, de la compote. Le reste, c'était non.
Et il a dit la phrase qui a tout déclenché : si ça ne change pas, il faudra passer par une perfusion.
Une précision, vu comment cette histoire commence. Ce jeu n'a jamais remplacé un médecin, et il n'en a pas l'intention. Il a servi à faire, à la maison et dans la durée, ce que le médecin demandait : qu'elle mange plus varié.
Les P'tits Goûteurs est un jeu, pas un dispositif médical. Il ne remplace ni l'avis, ni le suivi, ni les recommandations de votre médecin, de votre pédiatre ou d'un diététicien. Si l'alimentation de votre enfant vous inquiète, le premier réflexe reste votre pédiatre, pas une application.
Le paradoxe
Ce qui rend cette situation absurde, c'est que je fais très attention à ce que je mange. Je passe des heures sur des vidéos de nutrition. Je sais que chaque aliment a un intérêt, et je sais assez bien ce qu'une assiette fait à un corps sur vingt ans.
Et à ma table, ma fille de 6 ans hurlait quand elle voyait un légume dans son assiette. Parfois même un fruit.
Savoir n'aide pas. Savoir ne fait pas manger un enfant.
On a tout essayé, et on a tout raté
On s'est énervés. Comme tout le monde. On a négocié, on a privé de choses, on a posé le morceau de légume dans l'assiette en expliquant qu'on ne bougeait pas de table avant. Rien n'a marché. Un morceau par repas, arraché, dans les larmes parfois.
Ce que j'ai découvert plus tard, en lisant la recherche, c'est qu'on n'avait pas seulement échoué. On avait fait, une par une, les trois erreurs les mieux documentées de toute la littérature.
Les trois sont détaillées, avec les liens vers les sources, sur la page des études.
On faisait tout à l'envers, avec les meilleures intentions du monde.
Alors j'ai construit le jeu pour elle
La recherche dit une chose simple, et très difficile à tenir : il faut souvent plus de dix rencontres avec un aliment avant qu'un enfant l'accepte, et la plupart des parents s'arrêtent à la troisième.
Le problème n'est pas la volonté des parents. C'est que personne ne tient ce compte de tête, pour deux ou trois enfants et quarante aliments. Alors j'ai construit le carnet qui tient ce compte à notre place.
Avec ses règles à elle : des créatures à collectionner, des évolutions, un katana, des ceintures. Pas un tableau de suivi pour parents. Un jeu.
Les trois matins qui ont suivi
C'est allé beaucoup plus vite que ce qu'on imaginait.
Qu'est-ce que je dois manger aujourd'hui pour avoir tous les points ?
On peut aller faire les courses pour aller capturer d'autres aliments ?
Elle avait déjà 100 % de sa jauge du jour. Elle a insisté pour manger encore des carottes, du chou-fleur et du concombre. De toutes petites quantités. Mais elle insistait.
Trois jours plus tôt, elle criait devant un légume.
Ce que disent les chiffres
Du 23 août au 5 septembre 2026, quatorze jours, deux filles :
Chiffres bruts du journal de jeu, pas une estimation. Et disons-le franchement : deux enfants, ce n'est pas une étude. C'est simplement ce qui s'est passé chez nous.
Et puis on en a parlé autour de nous
On pensait avoir un problème de famille. En en parlant, on a compris que non : presque tous les parents à qui on racontait ça avaient une version de la même histoire.
C'est là que ce truc a cessé d'être un jeu pour mes filles. Ce qu'on veut en faire maintenant est écrit ici.
Franck, papa de deux P'tites Goûteuses.